1.1 La Genèse- L'avénement.

La genèse

 

1.1L’avènement

 

Les étoiles brillaient dans la voilacté. Une planète sèche, aride tournait sur elle-même. Son sol était lisse, sans aspérité, fait de croutes salées et d’immensités de sable. Aucun relief ne venait casser cette monotonie sans fin. Le vide et le silence berçaient ce monde sans vie, terne et éteint.

Quelques soleils épars réchauffaient des terres infertiles dans l’infini de l’espace. Aucun mouvement ne venait troubler leurs surfaces. Même la solitude s’y ennuyait.

Aucun œil ne pouvait voir ce ballet gigantesque, aucune intelligence ne percevait la beauté de l’univers. Aucune âme ne mesurait les distances cosmiques.

Cette planète sèche et aride continuait de tourner sur elle-même inlassablement, immuablement.

Des éons passaient sans aucun changement à cette horlogerie fine, qui pouvait continuer infiniment dans le néant de l’imperceptibilité.

Pendant ces cycles de rotation perpétuelle, une comète d’une taille incommensurable traçait son sillon de flamme et de feu pour se diriger vers l’astre. Son passage à proximité de la planète embrasait le ciel de celle-ci. La force magnétique de cette boule de feu la secouait sur son axe.

Par sa puissance elle chauffait l’air à une température qui changeait les bancs de sable en mers de verre. Une explosion gigantesque fissurait le globe, des geysers de laves surgissaient d’un sol chauffé à blanc.

L’intensité de ce choc thermonucléaire déchirait la réalité. Douze plans émergeaient de ce chaos écarlate. Douze plans comme autant de face d’un même miroir, douze échos d’un songe unique. Autant de façon de concevoir la vie. C’est comme une pièce multipliée par douze dimensions en elle-même. Chacune indépendante des autres, réagissant différemment dans des mêmes temps et lieux. Douze plans imbriqués dans un espace identique, invisible aux autres.

Ce choc libérait une énergie phénoménale qui entrainait la matière dans la fusion. Ce fut un éclair aveuglant, une lumière pure qui caressait avec force un sol liquéfié par sa destruction moléculaire. C’était un holocauste céleste, une déstructuration totale.

La grande comète s’éloignait, sa trajectoire déviait vers d’autres univers.

De cette énergie florissante naquit des esprits, les esprits premiers, ceux qu’on nommerait dans des millénaires : Dieux.

Des intelligences sans aucunes limites, abreuvées de vies à foison, l’immortalité en héritage.

L’envie comme marque première, l’ambition comme locomotive et le temps pour soi, tels sont ces esprits immatériels.

Ils avaient l’envie de forger ces plans à leur image et d’avoir un domaine sur lequel régner.

Il y avait autant d’esprits premiers que de plans. Chacun avait le sien. Mais tous se copiaient. De ce fait, les créations se reflétaient les unes dans les autres.

Des avatars, qui sont des copies vivantes d’eux-mêmes, se créaient. Ils héritaient d’une parcelle de leur pouvoir. Ils étaient leurs yeux et leurs bras sur la surface des mondes.

Alors que la grande énergie de l’explosion primaire s’amenuisait, des montagnes et des vallées se sont formées. Les esprits sculptaient les reliefs à leur mode avant que la dernière parcelle de puissance du chaos premier ne disparaisse.

Des ruisseaux, des lacs et des mers naissaient de leur création, mais nulle vie ne vit le jour pour autant. Les Gnoor, gardien dans le langage premier, leurs avatars parcouraient l’œuvre de leurs maîtres. Ils contrôlaient l’avancement des fresques, et des constructions de dieux immatériels. Des tableaux dédiés à la gloire des maîtres, des représentations de leurs splendeurs étaient réalisés.

Non contents de ces mondes figés, les esprits premiers semaient une partie de leur étincelle de vie, ainsi les animaux foulaient l’herbe fraîche. Le ciel s’habillait de couleurs et de plumes, les mers se remplissaient de formes multiples.

Mais ces âmes célestes se demandaient comment être vénéré par des êtres sans consciences, sans mémoire de leur propre existence, comment être seigneurs sans vassal ?

Faire naître des animaux améliorés, mués par une particule de leur essence divine, devint alors essentiel. Ils seront, alors, les enfants de la destinée.

L’être parfait devait devenir la pierre angulaire de leur tableau, le summum de la création.

Mais la notion de « parfait » fit naître les premières graines de discorde entre les créateurs.

Depuis le passage de la comète et de la naissance de l’idée d’être parfait, il s’était écoulé des millénaires à l’échelle humaine. Mais ce n’était pas le cas pour les âmes premières. En effet, leurs notions sont différentes de celle de simple incarnation de chaire et de sang. Car ils ne sont constitués que de pure énergie. Ils n’ont ni corps ni consistance.

Ce jour fut l’avènement, celui qui vu le premier elfe poser les pieds sur un sol devenu fertile.

Tel a été conçu l’être parfait, un vote à conclu le choix de ce derniers parmi d’autre créations, d’autres visions de la perfection.

Leurs cadeaux fut la vie éternelle, la beauté, le goût des belles choses, de l’art et de la musique. Ils héritèrent du savoir des esprits, d’une infime partie seulement, mais amplement suffisante pour les faire évoluer avec grâce dans un environnement battit pour eux.

Douze fois ce processus fut reconduit, douze copies du même monde.

Les esprits furent vraiment heureux de leurs prouesses, ils se prirent pour les bâtisseurs des mondes, des divinités à célébrer.

L’ébullition due à leur création les amena à concevoir des plans encore plus grands, peupler leurs mondes d’autres créatures devint une obsession.

Les nains émergèrent des montagnes.

Les elfes n’étaient plus les seules incarnations douées du libre esprit sur la planète, Terra Prima.

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